Le Colloque Un boqueteau en ville, c’était en 2015…

Le Colloque Un boqueteau en ville, c’était en 2015…

ob_6e1492_entreeL’événement de l’année 2015 pour l’association forte de ses 10 années d’existence, a été l’organisation du « Colloque Un boqueteau en ville ou comment réveiller la nature de nos sols urbains », le 21 novembre. C’est près de 200 personnes qui ont eu le bonheur d’écouter et d’échanger en matinée, autour d’intervenants de qualité à la Salle Etrillard de Saint Nicolas de Redon. Et bien entendu, cette matinée s’est poursuivie sur le site du transformateur pour une approche plus concrète de terrain, au travers des visites d’ expériences de plantations menées dans les sols inertes du site -avec comme expérience phare, la création du Bosquito menée par l’association en 2015-. A l’occasion de ce colloque, deux  ouvrages  ont été publiés.

Les présentations et débats de la matinée

Invité d’honneur :

Pierre Bazin, ingénieur d’études, cofondateur et gérant de Aubépine, agence d’éco-ingénierie au service de vos paysages

Pierre Bazin collabore étroitement avec de nombreux concepteurs de renom pour donner une juste place au végétal dans les projets d’urbanisme. Il forme alors les agents des organismes agricoles, forestiers, routiers, et intervient dans les écoles d’ingénieurs, de paysagistes. Il encadre des chantiers de plantation et d’entretien, en contact étroit avec l’ensemble des métiers intervenant sur l’espace public ou privé, contemporains ou historiques. Son expérience est appréciée pour penser, ou repenser la juste place du végétal dans toutes sortes d’aménagements, en particulier à l’heure de la gestion différenciée, qui appelle en retour d’anticiper des parti pris techniques dès la phase de « conception différenciée ».

Il s’intéresse particulièrement au travers de plusieurs terrains aux projets d’urbanistes sur le thème Habiter dans les bois ou en lisière. Pris au sérieux, cet objectif l’oblige à réfléchir à la proximité des vies humaines et végétales, et donc aux bonnes distances à organiser entre les arbres et les habitants, pour que chacun y vive bien.

ob_90c91a_intervenants1. Comment obtenir un sol urbain fertile ?

Par Laure Vidal-Beaudet, spécialiste en agronomie urbaine, chercheure-enseignante à Agrocampus Ouest Angers

Avant de parler de plantation et d’aménagement d’espaces verts, il est important de refaire ensemble le point sur les questions agronomiques essentielles au bon développement des végétaux : qu’est-ce qui fait la fertilité d’un sol ? Quelles sont les principales difficultés rencontrées en milieu urbain ? Quelles sont les actions possibles pour y remédier ? Le sol de la ville est un environnement difficile pour l’arbre et les pratiques actuelles d’aménagement paysager sont lourdes pour les collectivités et pour les entreprises. La pratique courante de remplacer intégralement le sol existant, à priori stérile, par un sol extrait de terres agricole n’est pourtant pas une obligation et des solutions plus économes pour les collectivités et plus préservatrices des ressources en sol naturel existent.

Revenant pour nous aux principes de base de la fertilité du sol, Laure Vidal Beaudet nous exposera ce que doit être un sol fertile, ce qu’est un sol urbain et les actions nécessaires pour rendre la fertilité à un sol mort.

Laure Vidal-Beaudet travaille actuellement avec Patrice Cannavo à Agrocampus Ouest sur la construction de sols végétalisés à partir de déchets.

ob_2cf1b0_publicplusjpg2. Le Transformateur : évolution des idées sur le boisement et l’espace ouvert

Par François Roumet, paysagiste, urbaniste et enseignant à l’Ecole de Nationale Supérieure de Paysage de Versailles

Entre sa culture très empreinte des figures classiques du parc de Versailles, qui l’incite à tout vouloir contrôler, et le désir de nature qui s’exprime de plus en plus en milieu urbain, le paysagiste navigue entre des objectifs contradictoires et pourtant toujours simultanément présents : la nature et le contrôle de cette nature. Thématiques obligées de sa pratique de paysagiste, François Roumet explore les possibles en tirant partie des dynamiques végétales en action dans ses projets professionnels ou pédagogiques.

Enseignant sur le terrain, organisateur de chantiers collectifs, la rencontre entre François Roumet et le Transformateur allait de soit. Ici, au Transformateur, on pratique le paysage à travers une activité productrice : l’élevage de vaches nantaise, l’apiculture, la culture potagère et arboricole… Pour l’association gestionnaire du site, l’économie de moyens est essentielle et est intégrée dans chaque projet, tant au niveau de la réalisation que de la gestion dans le temps.

François Roumet nous exposera ses réflexions issues de son expérience de paysagiste et d’urbaniste et nous présentera la logique d’aménagement et de gestion sur le site du Transformateur, ancienne friche industrielle, en limite de marais et proche du centre-ville. Les expériences du Transformateur n’ont pas pour seul objet la gestion d’un site marginal. L’objectif est aussi démonstratif, l’idée étant de développer ces modes d’aménagement hors le site. Et si la dernière expérience, le Bosquito, s’implantait ailleurs, en ville ou dans un bourg ?

ob_1f868d_publicjpg3. Le Bosquito* du Transfo : Mode d’emploi

projet de plantation d’un boqueteau** sur sol urbain

Par Olivier Jacqmin, paysagiste, enseignant et expérimentateur

* Bosquito : nom issu de la contraction du mot « bosquet », premier nom du projet mais par la suite considéré comme impropre, et du mot « boqueteau », dont la signification est moins connue.

**Boqueteau : petit bois entouré d’espaces non forestiers, refuge d’une biodiversité à l’image des remises de chasse.

L’objectif principal : montrer comment l’on peut apporter de très bonnes conditions pour le développement des arbres en situation urbaine en partant d’un sol inerte et avec des moyens très réduits.

Les expériences menées sur le site du Transformateur, souvent limitées par un travail du sol réalisé en tranchées, doivent servir les nouvelles perspectives de recherche. L’implantation d’un petit boisement sur une surface plus généreuse, à partir d’un sol comparable au sol des précédentes expérimentations (inerte et ingrat, recouvert d’une dalle de béton ou d’enrobé) est apparue comme capable de faire une nouvelle démonstration d’arborisation maligne et économe, transposable en contexte franchement urbain. Nous l’envisageons comme un espace pleinement boisé, protégé du public et des animaux (lapins, vaches du Transformateur). De justes distances de politesse avec les bâtiments offriront la possibilité de cheminer en lisière et de percevoir convenablement chaque élément de la composition mais aussi d’y intervenir pour des travaux d’entretien.

Olivier Jacqmin, paysagiste, a enseigné longtemps au département d’écologie de l’Ecole Nationale Supérieure de Paysage de Versailles et dans ce cadre, il a participé aux chantiers d’essai qui ont fait naître le Transformateur. C’est sur sa proposition que le projet du Bosquito s’est construit, et c’est avec lui que le concept a été élaboré et les travaux réalisés. Il nous expliquera en quoi la méthode et le dispositif répondent à un certain nombre de problématiques contemporaines et, à travers le récit des grandes étapes de sa réalisation, il nous donnera les outils pour intégrer ce nouveau modèle aux aménagements de nos espaces urbains.

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Réveiller la nature du sol urbain :

Plutôt que d’essayer d’apporter à l’arbre le sol dont il aurait besoin pour se développer, il suffit d’apporter au sol les éléments et le temps nécessaire à sa genèse et de choisir des essences frugales, capables de se satisfaire du milieu ainsi constitué, voire, de l’améliorer.

La nature, l’arbre et le boisement :

L’arbre est un être social et son milieu ne peut être réduit à la composition d’un sol. D’autres végétaux participeront également à l’enrichissement du milieu, ainsi que la faune qui l’habitera.

Les objectifs :

Paysage : affirmer la place de la nature en ville en dessinant en plein (un bois) plutôt qu’en lignes (alignements d’arbres) ou en points (arbres isolés).

Economie de moyen : dans la réalisation par utilisation sur place des déchets et la minimisation des apports, facilité de gestion, production de matériaux utiles

Nature : préservation des sols naturels, enrichissement de la biodiversité par la création d’un écosystème complexe.

Et bien sur, l’équipe du Transformateur, n’a pas oublié de contenter les papilles des participants …

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…en concoctant un repas chaud pour la pause déjeuner et un pot dinatoire de clôture de la journée, élaborés à partir des denrées alimentaires produites par les adhérents du transformateur (boeuf nantais, légumes du potager, miel). Moment très appréciés par les participants qui dans l’après midi, sont allés affrontés les frimas de l’hiver sur le site du transformateur.

Et d’aller sur le terrain…

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Les visites d’expériences en photos…

Auteur : Association Les Amis du Transformateur

L'association "Les Amis du Transformateur" mène une action expérimentale de retour à la nature maîtrisé sur le territoire d'une friche industrielle à Saint Nicolas de REDON.

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