Une peste au Transformateur

Une peste au Transformateur

Portant le joli nom de Fallopia japonica mais plus connue sous le nom de Renouée du Japon, elle est devenue la bête noire des aménageurs publics.

Au plan international, elle a le privilège de faire partie de la liste des 100 espèces les plus préoccupantes. En France, elle apparait en bonne place -à côté de la jussie et autres buddleia- dans la listes des invasives jugées les plus menaçantes.

Plante originaire de l’est asiatique et d’abord appréciée pour sa fonction ornementale, elle a été introduite en Europe par le canal des jardineries. Il s’agit d’une plante herbacée à croissance rapide (plusieurs centimètres par jour) pouvant atteindre trois mètres de haut (voir ici).

Peu fertile sous nos climats la reproduction de la renouée se fait surtout à partir des rhizomes (entiers ou simples fragments) ou par bouturage. Le transport des sols -quelle qu’en soit la raison- est ainsi le principal vecteur de propagation de la plante. Ce sera notamment le cas chaque fois que les massifs installés seront bousculés et déplacés. On retrouve ainsi la renouée essentiellement dans les milieux perturbés (bords de route, voies ferrées, zones aménagées,…) dans les zones alluviales de cours d‘eau, les milieux dégradés, abandonnés ou remblayés.

Il n’est donc pas surprenant de la retrouver sur le site du Transformateur. Introduite probablement pour des raisons décoratives (haie de l’ancien verger) on la retrouve aujourd’hui sur les digues voisines ou plus éloignées et, dans une moindre mesure, sur des remblais plus anciens. La construction de ces digues il y a une dizaine d’années, a, sans aucun doute, permis cette dissémination. Voir les implantations actuelles sur le plan ici.

Mais que lui reproche-t-on généralement? Pour l’essentiel :

– d’être un obstacle au développement de la flore indigène en raison de sa végétation dense et d’appauvrir ainsi la biodiversité.

– d’aboutir à une modification physico-chimique des sols.

– d’être un facteur d’érosion des berges, digues,.. et d’endommagement des constructions.

Si on y ajoute son caractère invasif et sa difficile -voire impossible- éradication, on peut comprendre qu’elle soit devenue « planta non grata » aux yeux des aménageurs et particulièrement des collectivités locales.

Le CG 44, propriétaire du site, est lui-même engagé dans la lutte contre les invasives et la renouée n’y a pas échappé. Et, bien-sûr, il nous est demandé, en tant que gestionnaire des lieux, d’apporter notre contribution.

Quelles actions pour le Transformateur ?

En premier lieu il faut préciser, s’agissant de cette plante, qu’il n’y a pas unanimité au sein de l’association et que certains adhérents minimisent -voire contestent- son caractère invasif. Et puis, dans nos contrées, le facteur essentiel de dissémination ne serait-il pas l‘action humaine ?

En tout état de cause, plutôt que de convoquer d’entrée de jeu tout l’arsenal habituellement recommandé pour lutter contre la renouée, nous avons choisi de procéder par étapes:

1- informer les adhérents sur l’existence de cette plante sur le site et sur les précautions à prendre la concernant eu égard au risque de dissémination.

2- faire un état des lieux annuel précis : zones de présence, superficie,..

De deux choses l‘une alors :

– ou bien l’invasion est avérée auquel cas une intervention radicale est justifiée.

– ou bien l’extension est marginale et contrôlable. Le statu quo s’impose alors sous réserve d’interventions légères. Pour illustrer, les quelques foyers qui apparaissent dans le verger devront être contenus sous peine de voir disparaître l‘ orchidée abeille (ophris apifera) par exemple.

Et, dans ce dernier cas de figure, la biodiversité du site aura gagné!

Affaire à suivre donc…

René

PS apiculteurs : la renouée est très appréciée par les abeilles ! Tout n’est pas négatif.